"A toi... toi qui m'éveilles à une nouvelle vision du monde, toi qui m'offres la possibilité de monter sur un bureau, toi qui me fais découvrir les limites vers le meilleur de moi-même !
J'ai toujours été faite de contraires s'assemblant pour mieux me ressembler, être cette personne qui ne veut pas choisir ses besoins fondamentaux et leur donner une importance différente à chacun... J'aime n'avoir aucun sens de la demi-mesure, être une personne entière ! C'est un choix de vie qui a été conforté par l'expérience, car la Vie serait bien fade pour moi le cas contraire... Pourtant, je ne sais que trop bien le regard désapprobateur des gens persuadés que je m'égare puisque la voie de la raison réside dans le compromis et les concessions !
Le fait est qu'un caractère entier marque l'intransigeance et qu'un caractère souple marque la compromission dans un monde fait de forces opposées luttant les unes contre les autres sans chercher à s'apprivoiser mais plutôt à se dominer... C'est un phénomène premier dans des sociétés comme la nôtre ! Mais où est alors la souplesse dans ce comportement ? Je cromprends à présent, à ton contact, avoir choisi une voie autre, celle où les compromis se font dans mes traits de caractère contraires, sans en étouffer certains au détriment de certains autres, me permettant d'être plus en accord avec moi, pour mieux être en accord avec toi...
J'ai toujours ressenti mes élans vers l'Autre comme un équilibre instable, à l'instar de ma vie entière, telle une funambule cherchant à passer de l'autre côté sans trop de dommages puisqu'elle a conscience d'avancer sans filet... Du moins, ma vie s'est construite ainsi, jusqu'à présent ! La solitude a été ma première compagne. Je l'ai détestée, je l'ai apprivoisée, je l'ai transformée en une force pouvant me protèger de tout, car je me protégeais de la plus grande prise de risque qui soit : celle de remettre sa vie à un Autre, de lui offrir cette confiance méritée et dûment acquise grâce à son amour ! Il est vrai que n'importe qui en aurait fait autant. Un essai, deux essais, trois essais manqués ! Il faut bien décider d'abandonner à un moment, lorsqu'il est clair que c'est impossible...
J'ai alors placé cette confiance constructive en moi. Je serais celle qui pourra se donner le présent et l'avenir qu'elle souhaite étant évident que l'adage "jamais mieux servi que par soi-même" soit une vérité universelle ! Grâce à cela, j'ai appris à métamorphoser les blessures en force, rendant les douleurs et les peines causées pour ne garder que leur essence positive... Mais comme toutes décisions, tous comportements, ce choix est devenu destructeur lorsqu'il a été poussé à son extrême ! En effet, il ne m'a pas enfoncé dans le tréfond de ma souffrance, mais il m'a empêché juste d'avancer, simplement d'avancer pour grandir encore vers le meilleur de moi... Maintenant, avec toi, j'ai compris qu'il était possible d'être mieux servi que par soi-même lorsque c'est l'être le plus important à notre monde qui nous sert !
Ainsi, grâce à toi, j'ai redécouvert une peur oubliée, celle de perdre un être, une relation qui m'offre un bonheur, un bonheur différent, plein de possible... Je crainds de ne pas être capable d'aller vers le meilleur de moi pour te donner le mieux et non, le plus ! Je sais que mon amour n'a que peu de limites, mais je sais également qu'il ne suffit pas de t'aimer, il s'agit de parvenir à mieux t'aimer chaque jour en t'écoutant et en t'apprennant. C'est pour cette raison que bien souvent, il me parvient cette frustration née de beaucoup de tes silences ! Ceux que je comprends me montrent le merveilleux en toi et le merveilleux que tu créées en moi, mais la plupart reste coincée dans l'abîme de mes propres faiblesses et je me sens alors incapable de t'offrir convenablement cet amour que tu nourris en moi...
T'aimer ne suffit pas, il faut mettre des mots sur cet amour, des actes, des espaces, des rapprochements, des mélodies, des silences, des rires, des cris, des murmures... En apprenant à comprendre pourquoi je t'aime, j'essaie d'apprendre à mieux t'aimer pour protéger tes besoins et tes désirs des violences de mon incompréhension ou de mon impatience ! Chacune de nos rencontres me fait te choisir et chaque fois ce choix n'en est que plus certain... C'est parce que je me sais libre que j'aime à construire des ponts vers ton univers et parce que je crois en toi que je répugne à construire des murs qui ne nous protégeraient pas de l'extérieur, mais nous enfermeraient dans une relation tombeau ! En assimilant ces incroyables révélations essentielles, j'entraperçois une vérité qui avait échappé à ma vision du monde...Je n'avais aucun sens de la nuance à propos du Bonheur !
Mon esprit a depuis bien longtemps admis qu'il existe plusieurs vérités, plusieurs intelligences, plusieurs manières de faire, plusieurs formes de bêtises humaines, plusieurs définitions de l'amour, mais avait occulté cette évidence quant à la notion de bonheur... Je crois que j'ai mis tellement de temps à définir et à apprivoiser le Bonheur, qu'il me semblait qu'il ne pouvait provenir que de nous, non des autres ! Être heureuse à leur contact n'impliquait que la preuve de mon affection pour eux... Mais je me trompais, peut-être pas avec eux, mais ma conception était erronée ! A présent, je découvre le Bonheur à deux, celui qu'il est impossible de construire seul, même si je continue toujours mon avancée sur ce fil tendu en travaillant mon équilibre pour ne pas basculer !
Je sens ces blessures en moi qui ne cessent de vouloir réclamer ton amour et tes preuves d'amour, n'en ayant jamais assez ! Je m'inquiète de ce qu'elles finissent par t'étouffer de mes suppliques tacites et par m'emprisonner dans mes terreurs irrationnelles... Je tente de calmer cette boulémie qui en réclame trop, tout le temps, qui te viderait de ton amour précieux et qui m'emplierait de frustrations violentes ! Je crainds plus mes violences intérieures et muettes que tes violences faites par un silence, un mot, un regard... Cette violence tumultueuse et positive de mon amour pour toi que mon caractère entier pourrait tuer par l'extrême ! Alors je fais tout mon possible pour permettre à ce sentiment trop à l'étroit dans mon corps de sortir, prendre l'air, grandir, en l'apprivoisant, en te l'offrant, en le laissant se nourrir à ton contact... A ton contact, je vais apprendre à me laisser aimer !
Moi qui espère ne pas rester sourde aux élans de ton amour."
Si encore, toutes ces questions étaient justifiées par Son
comportement, je pourrais comprendre de m'interroger sur un point aussi crucial, mais Son seul tort est d'être devenu amoureux (je ne dis pas "tomber amoureux", parce que "tomber, ça fait mal!")
de moi, et ipso facto, de ma personnalité compliquée ! Le fait est que les évènements et les personnes plus ou moins importantes dans ma vie ne m'ont pas permis d'envisager sereinement
l'engagement et la dépendance... Si, si! l'idée du couple implique une inter-dépendance des deux protagonistes sinon, c'est qu'il y a déjà un problème, parce qu'une vie "avec ou sans,
c'est pareil!" revient à démonter que l'Autre n'a pas d'importance, donc ce n'est pas l'idée, dite normative, du couple !!!
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